07/02/12

Jumelles - Twins - Gémeas

La journée fut longue. Il me reste encore des courses à faire, puis 40 mn de trajet avant d'être de retour chez moi. Pourtant, je ne peux m'empêcher de m'arrêter un moment pour contempler les flèches de St-Corentin se découpant sur le rouge du couchant.

27/01/12

Comptage des oiseaux des jardins - Birdwatching from your window

Samedi 28 et dimanche 29 janvier, en Bretagne, pas de honte à n'être qu'un ornithologue de cuisine! Sans quitter vos chaussons, bien au chaud derrière vos vitres, vous pouvez participer à une œuvre scientifique d'envergure régionale en observant et notant les oiseaux qui passent dans votre jardin ou sur votre terrasse. Pas besoin d'être un expert, un petit dépliant téléchargeable sur internet vous aidera dans vos déterminations.


Wether you are a keen birdwatcher or not doesn't matter. You just need being curious.  If you live in Brittany, join in and take part in an interesting game: counting birds in your garden this week-end. A  guide    can be downloaded. This document will allow you to determine the birds you come across. You will be given the address to which your observations can be sent. And when the survey is completed, you will be forwarded the results. Don't you feel like being an explorer without leaving home ?

01/01/12

2012 ! Bonne Année - Bloavez Mad - Happy New Year - Feliz Ano Novo


Ra vo an nevez-amzer evidoc’h ur bromesa
Ra vo an hañv evidoc’h un trec’h
An diskar-amzer un douster
Hag ar goañv ur peoc’h

(Breton wishes)

May Spring to you be a promess
And Summer a victory
May Autumn bequeath mildness
And Winter bestow peace on you

Tous mes vœux pour 2012 à celles et ceux  qui passent par ici!

03/12/11

Before the rain - Antes da chuva - Avant la pluie


Aujourd'hui, une pluie froide n'a cessé de tomber. Hier matin, l'atmosphère était tout autre. J'ai arrêté ma voiture sur les hauteurs de Quimerc'h et ai sorti mon appareil pour tenter de fixer le paysage aux vallées embrumées.


 

26/11/11

Invaded by Fairies

Last week, my place -normally dedicated to books- has been invaded by good fairies who use the special power they have got to transform old  garments, pieces of clothing, towels, rugs and even sails (they are seaside fairies)... into new fashionable clothes, bags and accessories. They offered me to take part in their action. Being the only man on the spot, I shyly declined the offer. I am able to sew a button back on, but this is my only expertise in the art that was on the agenda.

I have been enchanted by the colours the fairies brought to a rather stern-looking room.






And I have been amazed by the skill and brilliant imagination of the artists.


Old sails are used to make bags :





The event was organised within the European Week for Waste Reduction. Beyond its artictic interest, it was aimed at making people aware of the necessity of developing a new way of consuming. A small step towards sustainability?  

18/11/11

Nada se perde - Nothing goes to waste - Rien ne se perd

Nos expositions programmées ces quatre dernières années se présentaient plutôt sous la forme de kakémonos, de panneaux informatifs ou de photos sur des thèmes relatifs à l'environnement. La précédente, sous prétexte de coupe du monde de rugby,  proposait de suivre deux jeunes gens dans leur périple en Nouvelle-Zélande.
Cette fois, des artistes amateurs et professionnels nous ont confié quelques unes de leurs oeuvres pendant ce mois de novembre. Nous souhaitions profiter de la semaine européenne de la réduction des déchets pour montrer au public que l'on peut réveiller ses talents créatifs insoupçonnés pour créer des objets originaux à partir de déchets.

Certains ont pu dire qu'il y avait là-dedans un mélange de readymades à la Duchamp et d'esprit kitsch. Laissons là les grincheux, il s'agit avant tout de piquer l'imagination de nos visiteurs et de les inviter à créer leurs propres œuvres, avec humour, à partir d'objets détournés.

Un buffet normand "customisé"
Des bagues et des colliers réalisés
à partir de cuillers et de fourchettes (en argent)

Le corps de l'araignée est en bois flotté
Arbre en bouchons et bouteilles de soda


Les sacs de Julie Kleim ont toujours beaucoup de succès.



Un mobilier bidon "pas bidon"...

Une petite visite? Je vous la commenterai.

14/11/11

Maro evit petra? evit piou?


11 Novembre. Les monuments aux morts du Finistère montrent que la plupart des soldats de Bretagne occidentale envoyés au front pendant la Première Guerre mondiale avaient le breton pour langue maternelle. Beaucoup ont perfectionné leur faible connaissance du français pendant les quatre ans du conflit. Tout comme les gens des pays d'Oc, les Corses, les Africains, etc. envoyés au front.

Ma c'horf, ma goad d'ar vro, ma ene da Zoue... Mon corps et mon sang pour le pays, mon âme à Dieu... Ceux d'en face proclamaient "Gott mit uns!"  Aujourd'hui, cela n'a guère changé, c'est souvent "Allahou akbar!" et "In God we trust." Pourquoi les hommes ont-ils besoin de croire qu'un dieu cautionne les massacres qu'ils planifient?


Ci-dessus, un exemple pris sur le monument aux morts d'une commune rurale : comme dans tant d'autres lieux, on trouve des frères, des cousins, disparus dans le même conflit, des familles dévastées.
Parmi les papiers de famille dont j'ai hérité, je conserve l'avis transmis à mes arrière-grands parents pour leur annoncer la mort de leur fils ainé. Chaque 11 novembre, j'ai donc une pensée pour ce grand-oncle, le soldat Mathieu Herry, à qui, comme au reste des hommes de la division bretonne, on avait demandé lors de la Première bataille de la Marne. de tenir le village de Lenharrée, sur la Somme, contre l'offensive de régiments allemands beaucoup plus nombreux.



 L'ordre donné par Joffre le 6 septembre 1914 était ainsi rédigé : “Toute troupe qui ne peut plus avancer devra, coûte que coûte, garder le terrain conquis et se faire tuer sur place plutôt que reculer...”  Mathieu a tenu jusqu'à l'obus fatal qui l'a réduit en bouillie. Il est porté disparu le 8 septembre 1914. Trois autres soldats de son village sont morts avec lui lors de ce même combat.
A Lenharrée, on peut voir un monument consacré aux 540 soldats français qui y sont tombés, cibles de choix dans leur pantalon rouge garance... On l'appelle le "monument aux Bretons".
Charles Le Goffic a écrit à propos de cette bataille : "Apprenant que c'était avec deux compagnies seulement que Lenharrée avait tenu tête si longtemps à des forces supérieures, le chef des Saxons fit défiler ses hommes devant le capitaine de Saint-Bon et les autres blessés, en disant: " Saluez, ce sont des braves."

Un an seulement après les combats, un visiteur raconte : "Nous sommes allés à Lenharrée, à 5 kilomètres, et le chemin que nous avons suivi est semé de tombes qu’on est en train d’arranger, très bien d’ailleurs. La campagne est absolument stérile dans ce coin et il n’y pousse que de la mousse. On y voit seulement de petits bois de sapins et de genévriers, bien alignés. Presque chacun de ces bois a été l’objet de vifs combats. On suit la direction de la bataille aux trous faits par les obus en terre, brisant régulièrement les arbres tout autour. De distance en distance, les petites tranchées faites par les soldats sont toujours visibles et les branches de sapins qu’ils avaient placées devant eux pour les dissimuler sont toujours là, mais desséchées, laissant paraître la terre de craie qui forme comme une ligne blanche, tantôt droite, tantôt brisée. Des tumulus blancs se distinguent aussi par endroits, et lorsqu’on s’approche, on voit presque toujours un trou où la terre s’est effondrée et d’où sortent des mouches, des carcasses de chevaux. Au fur et à mesure qu’on approche de la station de chemin de fer, les tombes se pressent les unes sur les autres. Dans le jardin de la gare, il y en a 3. de chaque côté du passage à niveau, il y en a une demi-douzaine. Pour aller au village, il y a 800 mètres à parcourir et le chemin est une véritable allée des morts. Les tombes se suivent de chaque côté de la route, tantôt larges, tantôt étroites suivant le nombre de ses occupants. A l’entrée du village, un cimetière dans un pré, sur le bord de la rivière. Et nous remontons une rue à droite et toutes les maisons ne sont plus que des ruines. Des tombes toujours, même au milieu des ruines. Près de l’église, dans un champ de choux, deux immenses tombes boches entourées, sans ornement. Dans le cimetière du pays, nouvelles tombes, mais celles-ci ne renferment que des corps d’officiers dont les noms s’étalent sur les croix."

La première fois que je m'apprêtais à voyager en Allemagne, j'avais alors14 ans, un ancien combattant de Verdun, très âgé, m'avait regardé de travers : "Mais qu'est-ce que tu vas faire chez les Boches? Il n'y a rien à espérer de ces gens-là! Tous des salauds!" Je le comprends maintenant que je connais mieux l'histoire, que je sais ce qu'il a également souffert 22 ans après la fin de la guerre de 14-18, lors de l'occupation nazie ; mais mon amitié durable avec des Allemands -et non plus des "Boches"- pacifistes est heureusement le témoin d'une autre époque.